Photo : @Manon Vitamines Cooper Mon frère

Nous les jeunes, perdus mais combatifs

André Gide pointait déjà du doigt, ou plutôt tournait-il déjà sa langue dans sa bouche remplie de plus de 10 milliards de bactéries, pour nous apporter une vérité criante mais loin d’être nouvelle :  « Choisir c’est renoncer ». En observant mes amis, connaissances et moi-même, je me rends compte que notre génération dite « libérée, connectée et indépendante » a pourtant beaucoup de mal à se fixer et à choisir. Je parle ici des jeunes entre 18 et 35 ans. En cette période de rentrée, j’ai voulu m’intéresser aux choix de notre vie professionnelle. Ouloulou.
Cet article est basé sur un questionnaire quantitatif (merci à toutes les personnes ayant participé au sondage dont je détaillerai la teneur pour ceux que cela intéresse), des articles et des discussions type « entretiens » avec des personnes ciblées.
Si vous souhaitez un petit update sur l’éventail des dénominations des différentes générations je vous redirige vers cet article. But don’t freak out si vous ne vous retrouvez dans aucune ou si au contraire vous êtes dans 5 d’entre elles. Tout ça c’est un peu des catégories « bullshit »comme on dit.

Nous sommes perdus

Que nous soyons étudiants ou chômeurs, l’avenir professionnel est flou et incertain. 49% des étudiants interrogés n’ont pas de projet clair et plus de 40% des chômeurs n’ont pas de projet défini pour leur retour à l’emploi. Parmi eux, 20% peinent à retrouver un emploi car ils hésitent entre de nombreux domaines. Là encore, le renoncement nous pose problème. On aimerait parfois avoir le beurre, l’argent du beurre et les doigts de pieds de la crémière.
Dans le questionnaire adressé, je vous posais la question « Quel est votre ressenti par rapport à votre avenir professionnel, au marché du travail ? ».

Trois grandes tendances se dégagent pour expliquer cette perte de repères :

  • L’avenir professionnel est « angoissant », « incertain », « effrayant », « stressant », « concurrentiel », « flou » pour citer vos verbatim.
  • Le changement de postes semble inhérent à notre « génération« . Il semble que cela soit une nécessité afin de s’adapter au marché (acquérir de nouvelles compétences, maîtriser de nouveaux outils) mais également une volonté, car il nous est désormais difficilement envisageable de poursuivre toute notre carrière dans une seule entreprise.
  • L’inadéquation entre les attentes des entreprises/recruteurs et les compétences des étudiants à la sortie des études. Pour beaucoup d’entre vous, l’entrée dans le marché du travail est compliquée. Les entreprises exigent des expériences ou compétences préalables et pourtant aucune ne semble disposer à nous laisser notre chance. Le statut de junior est « bâtard », entre des stagiaires en surnombre dans certaines entreprises, et des personnes avec minimum 4 ans d’expérience qui ont déjà oublié leur chemin parcouru pour en arriver là.

Nous admettons volontiers que l’entrée dans la vie active constitue une forme de passage à la vie adulte et ça, c’est angoissant. L’idéal recherché, d’exercer le job qui nous plait et dans lequel on s’épanouit, n’est pas l’apanage de tous.

Les jeunes de plus de 30 ans semblent être dans une autre dimension de la perte de sens. En effet, vous n’envisagez pas l’avenir comme à 20 ans et avez pour la plupart, une forme d’emploi qui vous permet de gagner votre vie. Pour autant vos envies de liberté et de sens sont encore plus fortes aujourd’hui car vous avez une meilleure connaissance de vous même. Vous pouvez donc faire le choix du changement voire d’une reconversion mais cela implique une prise de risque supplémentaire. Peut-être avez vous déjà fondé un foyer, avez-vous emprunté pour acheter un bien ou  simplement êtes-vous habitués et satisfaits de votre niveau de vie ?

 

Maurizio Cattelan
Photo de Maurizio Cattelan pour Kenzo

Et pourtant relativement optimistes

Et pourtant, ce tableau grisonnant est loin d’abattre le joli sourire de notre génération.
Je remarque déjà le trait plein d’humour de ceux qui ont répondu à la question ouverte du questionnaire mentionné ci dessus : « le plus important c’est de n***** des mères » ou bien « on va tout péter ». Hormis ces indices probants de notre jovialité, vos témoignages permettent d’identifier un optimisme quant à l’avenir.

Nous savons que cela ne sera pas évident et que le marché du travail est amené à évoluer très rapidement, mais nous sommes prêts à fournir les efforts nécessaires si tant est que des adaptations se font également du côté des entreprises/administrations.
L’émergence du travail indépendant semble également être une aspiration profonde pour un grand nombre d’entre nous. Si cette tendance se confirme, la forme de l’entreprise de demain sera donc complètement différente, avec un nombre accru de freelance et de travailleurs indépendants auxquels les entreprises feront appels pour des projets au cas par cas, qui sont aujourd’hui encore gérés en internes.

Pour 90% d’entre vous, il est également possible de vivre de sa passion, même si cela dépend bien évidemment du contexte. L’important ici est de voir que nous croyons en la possibilité d’exercer un métier qui nous plait réellement. Et pourtant, il semble difficile dans les faits de faire concorder les deux. Pourquoi ?


Une relative minorité est satisfaite et a confiance en l’avenir

Certains d’entre nous sont de petits chanceux pour qui l’avenir professionnel semble aussi douillet que les fesses de Nicki Minaj (love you Nicki xxx).

Quand 48% d’entre vous, actuellement en poste, ne se prononcent pas sur leur satisfaction au travail (cette réponse étant évidemment pleine de sous-entendus et de sens) et que 12% ne se sentent pas à l’aise dans leur job, 40% se sentent bien dans leur job. Et c’est là une vraie chance, mesurez-la !
Parmi vos témoignages, les personnes les plus confiantes en l’avenir sont celles qui sont engagées dans une voie « d’avenir » où il est admis que les jobs et l’argent seront abondants. Vous êtes d’ailleurs plus de 72% à être d’accord, voire tout à fait d’accord avec le fait de dire que le marché du travail est aujourd’hui « dominé » par certains métiers et secteurs. Les données, le traitement des données, et les Systèmes d’Informations sont ceux principalement mentionnés. Mais si vos aspirations ne correspondent pas à ces secteurs porteurs et privilégiés, vous êtes beaucoup moins confiants en l’avenir et avez le sentiment de devoir vous adapter pour gagner votre place.

La nouvelle campagne H&M, tout à fait dans notre thème, place la personne en actrice principale de son futur, et il ne tient qu’à elle de tout quitter pour réussir à suivre ses aspirations et ses rêves. A méditer …

Ce qui compte pour nous

Peu importe notre situation, nous avons des critères qui aujourd’hui comptent plus que d’autres dans notre recherche d’un emploi ou dans notre volonté de s’établir à notre compte.

Les trois critères les plus importants aujourd’hui pour la recherche d’un job dit « classique » sont :

  • Les missions proposées par l’offre  (68%)
  • Les perspectives d’évolutions (46%)
  • Le feeling lors de l’entretien (44%)

Exit le critère du salaire en première position puisque dans la catégorie « très important », il arrive seulement en 6ème position avec 26% de votes. En revanche, il est pour 52% d’entre nous, un critère important. L’entreprise ou l’administration en elle même est également un critère important pour 47%.

Que faut-il voir ici ? L’épanouissement personnel au travail et une vision éclairée de l’avenir compte davantage que le salaire à la fin du mois. Les préoccupations matérielles restent importantes mais elles ne sont plus l’argument principal.
Nous constatons d’ailleurs que les entreprises ont intégré ce point et parfois même un peu trop : un baby-foot, deux poufs et un afterwork chaque semaine permettrait de payer ses employés une misère sous prétexte que l’entreprise est « cool ». Mais c’est ici un autre débat.

>> Si vous avez été dans une situation où vous cherchiez votre voie sans vraiment la trouver et que vous y êtes finalement parvenu, j’adorerai recueillir votre témoignage pour en faire profiter le plus grand nombre. J’aimerai réaliser la « boite à outils du parfait chercheur de sens ». 

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Sources et articles intéressants en relation avec le sujet :
A quoi ressemblera l’entreprise de demain ?
85% des Millenials détestent les Millenials 


3 réflexions sur “Nous les jeunes, perdus mais combatifs

  1. Ton article est très intéressant, surtout lorsque l’on sait que tu t’appuies sur des faits, tel que ton sondage (ce qui est déjà plus que beaucoup d’articles sur ce genre de sujet).
    Ça me rassure un peu de voir que je ne suis pas la seule à chercher une façon differente de « gagner ma vie », comme on dit, et de flipper.

    J’ai hate de lire plus d’articles sur ce site !

    J'aime

    1. Merci @lifeofsuchoski, je vais essayer de rencontrer des personnes qui y sont parvenus pour nous donner des pistes pour y arriver et être moins en flippé, ça devrait être chouette.
      Je lance le sondage pour le prochain article ce soir !!

      J'aime

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